CHERS DIRECTEURS DES CIMENTS DU SAHEL
LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT
OU JAMAIS!
Si vous nous appelez un à un, nous posez vos questions ridicules et stupides, alors que vous détenez notre liste des doléances c’est parce que vous n’avez pas l’intension d’améliorer la situation. Les tromperies ne marchent plus et aux intoxications nous ne croyons plus, nous sommes vaccinés.
En bon administrateur vous devez être entrain de rédiger des listes : une pour ceux qui partirons, une pour ceux qui restent et une autre pour ceux qui hésitent. Si vous ne l’avez pas fait considérez-vous nuls et inintelligents. Votre sondage pour l’organisation de la fête de fin d’année vous a poussé à tirer des conclusions hâtives. Vous devez être à mesure de parler à quelqu’un et savoir lire ses non-dits c'est-à- dire ce qui est réellement en lui. Vous nous avez tous entendu mais sachez qu’il y a des sujets que nous n’abordons pas et il y a des demandes que nous ne formulons pas de peur d’être piégés accusés de vol, de trafique de carburant ou de drogue et licenciés. En parlant de drogue le DGA se ravitaillait certainement auprès de son ami du Lamantin Beach Hôtel là où on ne l’aperçoit plus depuis un certain
temps. Notre surveillant général à tous est un trafiquant consommateur de chanvre indien il fait aussi parti du trafique et du vol de gasoil. Quand il fait 2 ou 3 rondes la journée choisissant les heures de pause et empruntant les allées les moins fréquentées en passant à plus de 30 mètres de tout individu, c’est pour pouvoir savourer sa mauvaise herbe sans se faire inquiéter. Les jeunes « lakhalman » lui donnent 10 000 à 20 000 francs la semaine et si ces derniers font un long retard il les fait arrêter par la
gendarmerie ce qui explique par fois les importantes saisies de gasoil. Rencontrez qui vous voulez, écoutez qui vous voulez et sachez que même s’il y a changement nous avons tous tendance à partir vers d’autres sociétés si éloignées soient-elles à salaire égal et même à temps de travail égal. « La confiance se gagne en goûtes mais se perd en litres » nous n’aurons plus jamais confiance en vous quoi que vous fassiez. Nous nous sentons trahis et sommes tous mécontents même pour ces gents qui ne vous disent que ce que vous voulez entendre. Ne croyez pas qu’augmenter le salaire d’un défaillant, d’un faux délégué ou d’un pion fera de lui un soumis à 100%. Ce qui vous a fait éviter la fête de fin d’année 2011 est toujours là et vous ne faites rien pour l’éliminer. Vous ne savez pas jouer ! Vous ne gagnez jamais. Il y a beaucoup de mot dans chaque silence.
Nous avons décidé de ne rien faire lors de la fête de fin d’année. Il ne vaudra pas la peine de déplacer l’anti-émeute de la gendarmerie pour rien. Vous pouvez vous contenter de l’effectif habituel, trop de forces de l’ordre incite à la révolte. Dites leurs que quoi qu’il arrive aucune bombe lacrymogène ne doit être lancée. Nous vous avertissons parce que nous voulons vous mettre à l’aise. Vous pouvez inviter le corrompu ministre de l’énergie et des mines, votre juge du tribunal du travail qui vous a donné raison devant les licenciés abusifs du mouvement du 17 septembre 2011 Ainsi que le traître de syndicaliste de la CNTS de Thiès qui vous informait lors de ce fameux soulèvement et l’inspecteur du travail qui vous motive dans votre forfait. Installez des caméras de surveillance à l’intérieur et aux alentours de vos bâches puis que vous pensez que c’est la solution. Tout cela nous donne raison de ne vous avoir pas fait confiance. Vous n’êtes pas prêts, à la moindre occasion vous allez reculez votre date. Si vous reportez une première fois, vous reporterez une deuxième fois mais pour faire cette fête il faudra forcément la situer dans l’espace et dans le temps. Prenez le temps de réfléchir ; mais quand vient le moment de passer à l’action, cessez de penser et allez-y… Rassurez-nous que vous n’avez pas sacrifié mystiquement le vieux Sambou et le chauffeur Bandje Diop pour retrouver la stabilité des Ciments Du Sahel. Qui sera la prochaine victime ? Il est temps que le DEXA arrête de verser des mixtions mystiques dans notre bassin d’eau supposée potable. Vous prenez des bains mystiques nuitamment à l’intérieur de l’usine sans oublier les enfouissements, les sacrifices animal et humain mais sachez qu’il est plus facile de changer que de s’adonner à des rites que vous ne maîtrisez pas.
Votre système de surexploitation n’arrêtera jamais de faire des victimes. Bandje Diop, que la terre lui soit légère, a commencé à travailler à 6 heures du matin. Après avoir déposé le personnel il va garer le bus à la sortie ouest de Rufisque, à GFL vers 19h 30, il fait déjà nuit. Pour rentrer chez lui n’ayant pas le ticket il demanda à un charretier qui passait de le déposer au niveau du « diouty », ce que le charretier accepta. A peine monté, un bus heurta la charrette. Il mourut sur le coup ainsi que le cheval.
Cette heure ne devait pas le trouver là pour un chauffeur qui fait le ramassage du personnel à partir de 6 heures 15 qui fait son pointage à 7 heures 30 (il commence son travail à presque 1 heure 30 minutes avant l’heure), il dépointe à 16 h 30 ou à 17 h 30 selon le premier, le deuxième ou le troisième bus avant d’aller déposer le personnel pour terminer entre 18 h 30 et 19 h 30 (il travaille plus de 2 heures de temps
après la descente). Si les 8 heures de travail par jour et les 40 heures de travail par semaine étaient respectées à cette heure là il se trouverait vivant chez lui. Pendant la journée les chauffeurs ne se reposent pas, ils passent de véhicule en véhicule faisant des centaines de kilomètres pour des missions qui ne sont vraiment pas les leurs. C’est valable aussi pour les chauffeurs de production. Et les heures supplémentaires ne leur sont pas payées. Nous croyons en Dieu mais la direction des Ciments Du Sahel est quelque chose sur la mort de Bandje Diop.
Pendant la levée du corps à l’hôpital Aristide Le Dantec, le ministre Ali Ngouye Ndiaye et le maire de Dakar Khalifa Sall parents du défunt se sont déplacés mais malheureusement aucun directeur des Ciments Du Sahel ne s’est présenté. Vous avancez comme prétexte que vous n’étiez pas au courant, du mardi 27 novembre à 19 h 30 jusqu’au lendemain à 14h 30. C’est tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’un de vos véhicules. Si quelqu’un gratte une petite peinture d’un de vos véhicules, non seulement vous serez au courant mais le lendemain, tôt le matin à 7h il recevra une demande d’explication ordonnée depuis la direction générale, c’est pour dire que vous vous foutez pas mal de la vie ou de la mort de nous ouvriers. Et pourtant vous êtes tous allés à la Mecque pour ceux qui se disent musulmans. 8 directeurs, même pas une seule présence pour un ouvrier décédé après 10 années de soumission, c’est pathétique ! Honteux ! Vous vous êtes pourtant déplacés lors de la pose par le président Macky Sall de la première pierre d’un lycée technique à Sandiara avec même des banderoles. Nous ne comparons pas les distances CDS-Le Dantec et CDS-Sandiara mais Bandje Diop mérite même un déplacement Dakar- Linguère. Nous présentons nos condoléances à la famille éplorée et à toute la population de Linguère.
Vous avez osé, après cette bassesse, pour vous racheter publié un faire part dans le journal l’Observateur. Vous êtes vraiment inhumains. Ce geste ne se rectifiera jamais.
Nous avons maintenant compris quel genre d’individus vous êtes. « Que tous les travailleurs sachent que ce n’est ni la première ni la dernière fois que les directeurs des ciments du sahel crachent sur la dépouille d’un ouvrier. Nous ouvriers nous devons maintenant nous regarder avec un autre œil et considérer les directeurs des ciments du sahel comme des ennemis farouches, des assassins assoiffés de sang. Ils préfèrent s’acheter le copinage du gouvernement à coup de milliards que de changer de système à coup de millions. Nous ne devons plus rien espérer de l’Etat. Comptons sur nous même.»
Que promettra cette année le PDG ? Il doit promettre d’abord de considérer le samedi comme jour férié, l’augmentation des salaires avec de nouvelles primes, l’augmentation des recrutements, le don des palettes et des restes de fer et de bois à l’amicale…nous sommes au courant que vous ne voulez même pas prononcer le nom « syndicat » et pourtant il y en aura bel et bien un. Autorisez en beaucoup et essayez d’en contrôler certains discrètement dès leur création. Au point où nous vous connaissons, ceci ne vous posera aucun problème. « Pour changer l’avenir, il n’y a qu’à changer le présent. Et le vrai avenir commence par un engagement triomphal dans le présent. »
Si vous parvenez à organiser cette fête dans les règles de l’art, ce qui demande du courage, promettez et ne manquez pas la fin du mois suivant pour respecter vos engagements. Ainsi vous pourrez espérer la stabilité. La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.
Nous comptons inviter solennellement Saliou Ndiaye et les autres sauf que nous n’avons plus l’esprit de fête. Ils n’accepteront certainement pas mais sachez que nous viendrons tous en les ayant dans le cœur et au bout de la langue. Nous imitons Saliou dans ses faits et gestes, dans son courage et même dans ses textes. Alors si vous les invitez, cela jouera sur l’équilibre social et la baisse de la méfiance entre ouvriers, et entre employeurs et employés mais nous ne vous pardonnerons jamais ce que vous venez de nous prouver sur la mort de Bandje Diop. Pensez-y !
30 Novembre 2012